L’Europe, l’écologie

Construite dans un double dessein de paix et de prospérité économique, l’Europe d’après-guerre est parvenue au terme d’un cycle : alors que les périls s’accumulent, notamment sur sa périphérie et que les perspectives de croissance et de prospérité généralisées ont été considérablement amoindries par le choc de la double crise de 2008 & 2011, l’Europe actuelle, celle des marchés est en panne. Sauf à laisser mourir les idéaux auxquels elle est encore identifiée, sauf à cesser de vouloir encore compter demain dans un monde où émergent de nouvelles puissances et où les forces se rééquilibrent à son détriment, la voici désormais sommée d’engager une nouvelle étape de son histoire.

Au fond, la fin de cette hégémonie européenne de plusieurs siècles sur le monde et la nature marque la revanche des autres civilisations et du vivant sur la modernité politique et technologique européenne : cette crise d’identité de l’Europe est in fine une crise de la prétendue maîtrise de l’Homme sur la nature, qui se traduit par la crise écologique et climatique actuelle.

Ces deux moments si cruciaux – écologique et européen – ne coïncident pas en vain : ils sont les deux faces d’un même basculement du monde. A la fois crise et opportunité, ils désignent les deux échelles auxquelles agir aujourd’hui pour parvenir à dégager un horizon commun, à la fois européen, mondial et nécessairement écologique. Se tiennent là les principaux ressorts d’une politique ô combien nécessaire de civilisation, selon l’expression d’Edgar Morin.

Il n’est fondamentalement pas d’écologie sans Europe et pas d’Europe sans écologie. C’est là le coeur de notre engagement politique, profondément européen, profondément écologique.

Nicolas Bonnet, Odile Vignal, François Saint-André, Dominique Rogue-Sallard

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