POCL : le voile de l’illusion se déchire ! Et maintenant, que fait-on ?

La commission Mobilité 21 vient de rendre ses conclusions. Il s’agissait de faire un tri dans les très nombreux projets du SNIT correspondant aux promesses d’infrastructures que le gouvernement Sarkozy avait accumulé aux quatre coins de la France à la veille des élections pour un total faramineux de 245 milliards d’euros.

Les écologistes n’ont cessé de le dire : cette frénésie du tout TGV ne correspond plus à notre époque. Elle ne répond pas aux besoins prioritaires (trains du quotidien et modernisation du réseau existant) et est très éloignée des capacités de financement public.

Le groupe des élus EELV avait  dévoilé dès le début le mirage que représentait le projet de POCL à 15 milliards d’euros (représentant une facture d’environ 500 millions d’euros pour le seul Conseil régional du Centre !) ainsi que son incapacité à satisfaire les besoins de maillage du territoire (la priorité étant de fait donnée à la grande vitesse entre Paris et Lyon).
Nous avions aussi dénoncé avec force le projet de LGV Poitiers-Limoges susceptible, s’il était réalisé, de tuer définitivement la ligne historique POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse).

Aujourd’hui le voile des illusions se déchire et la commission Mobilité 21 nous ramène à la réalité : quel que soit le « scénario » retenu, en aucun cas la réalisation du POCL ne pourrait être engagée avant 2030. Et le projet de barreau Limoges-Poitiers est aussi repoussé sine die.
Nous estimons que la commission a fait preuve de sagesse et nous espérons que le gouvernement saura suivre ses recommandations.

Mais nous sommes en colère contre tous ceux, très nombreux parmi les élus politiques et consulaires, qui ont voulu faire croire aux miracles et qui ont engagé, ces deux dernières années, des dépenses colossales en communication pour entretenir l’illusion. Tout cela pourquoi ? Pendant ce temps-là, rien de concret ou presque n’a été fait.

Pour autant, chacun mesure la nécessité d’apporter de fortes améliorations qualitatives et quantitatives aux dessertes ferroviaires des territoires concernés par le projet. Sachant que le coût de la modernisation d’une ligne existante est sans commune mesure avec celui de la construction d’une ligne nouvelle, les élus régionaux écologistes des 6 Régions concernées (Auvergne, Bourgogne, Centre, Ile-de-France, Limousin et Rhône-Alpes) ont proposé une alternative aux 2 projets de LGV POCL et Poitiers-Limoges reposant :
–    sur la modernisation du réseau existant et en particulier des 3 axes structurants que sont les lignes Paris- Toulouse (POLT), Paris-Nevers-Clermont et Nantes-Tours-Bourges-Lyon ;
–    et sur la réalisation de sections de lignes nouvelles seulement là où elles sont nécessaires (un Y renversé pour sortir de l’Ile-de-France et une ligne nouvelle entre Roanne et Lyon).

D’après nos estimations le coût d’une telle alternative serait 3 fois moindre tout en satisfaisant deux fois mieux les besoins.

En repoussant aux calendes grecques les projets de LGV POCL et Poitiers-Limoges, mais aussi en attirant l’attention sur la nécessité de traiter les nœuds ferroviaires de Lyon et du sud de l’Ile-de-France, les conclusions de la commission Mobilité 21 rejoignent les nôtres. Mais que de temps perdu !

Il est désormais urgent d’élaborer un projet réaliste de réseau ferroviaire à haut niveau de service, à même de relier de façon performante les territoires de la région Centre à Paris et à Lyon, mais aussi à Nantes, à Limoges, à Clermont-Ferrand…

– Jean Delavergne,
Président du groupe EELV au Conseil régional

– Charles Fournier
Conseiller régional EELV, membre de la commission « Transports et circulations douces »

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