Le bêtisier énergétique

Les débats sur la Transition énergétique à l’Assemblée nationale ont donné lieu à des échanges longs, pas toujours constructifs et par moments édifiants. Meilleurs moments et petit florilège.

Source : le blog des élus EELV Conseil régional d’Auvergne

Devinette : Qui a tenu les propos ci-après à l’Assemblée Nationale pour justifier le soutien de son groupe à un amendement UMP proposant de refuser le plafonnement de la puissance nucléaire installée en France ?

Par ailleurs, il s’agit, dans l’alinéa que nous souhaitons supprimer, de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % sans tenir compte de l’évolution des consommations électriques. En effet, quel sera en 2025 le niveau de croissance de l’économie ? Quel sera en 2025 le poids de l’activité industrielle ? Quelle sera en 2025 la part du report de l’énergie carbonée dans le mix électrique ? Quels seront en 2025 les résultats des efforts consentis en matière d’efficacité et de sobriété énergétique ?

Le choix arbitraire de cette date n’est rien d’autre que la mise en œuvre d’une technique employée voilà quelques années dans certains pays : le Gosplan, tout simplement.

Nous convenons évidemment de la nécessité de développer les énergies renouvelables – c’est incontestable –, mais, dans le même temps, nous considérons qu’il est impossible de se fixer un objectif artificiel de délai et de volume de réduction de la part de l’énergie nucléaire.

En effet, pour l’heure, nous ne savons par encore quels seront les résultats de la recherche sur le stockage de l’énergie. De la même façon, nous ne savons pas quel sera le développement des énergies renouvelables en 2025 …

Réponse ? André Chassaigne

Devinette : Qui a tenu les propos ci-après à l’Assemblée Nationale pour rejeter le terme de « sobriété énergétique » inscrit dans le projet de loi sur la transition énergétique ?

En revanche, la « sobriété énergétique », c’est autre chose. Il s’agit d’abord d’une notion très floue, quand on s’y intéresse un petit peu. … En réalité, c’est un terme qui généralement est voisin de « l’économie circulaire ». C’est un terme qui renvoie aussi aux théories de la décroissance et à l’idée que, de toute façon, nous sommes dans un monde aux ressources finies. Dans ce cas, l’homme doit consommer peu. C’est une forme de jansénisme énergétique. C’est l’idée que le stoïcisme dans la consommation doit conduire à une nouvelle société, à une sortie du capitalisme tel qu’il est actuellement, mais sur un mode quasiment monastique.

Réponse ? Julien Aubert, député UMP du Vaucluse

Devinette : Qui a tenu les propos ci-après à l’Assemblée Nationale ?

S’agissant de la « sobriété énergétique », je ne peux que partager l’analyse sémantique brillante qu’a faite mon jeune collègue Aubert : il a facilement repéré dans cette expression la dialectique de ce mouvement qui est favorable à la décroissance et qui est soutenu par une partie de la majorité, c’est-à-dire par le groupe écologiste. Cette notion de décroissance est mortifère. D’ailleurs, il n’y a pas de jour sans que le Gouvernement appelle de ses vœux la croissance : il sait bien que, sans croissance, il n’y a aucune chance de pouvoir résorber le chômage. Si la notion d’économie circulaire n’est pas stupide, puisqu’on peut imaginer un moment où tout sera recyclé, il y a en revanche dans cette expression de « sobriété énergétique » une dimension dogmatique qui n’a pas sa place dans ce texte. C’est pourquoi nous proposons de la supprimer.

Réponse ? Bernard Accoyer, député UMP de Haute-Savoie

Devinette : Qui a tenu les propos ci-après à l’Assemblée Nationale ?

L’énergie nucléaire est par ailleurs une énergie propre, avec un impact nul en termes de rejets de gaz à effet de serre. C’est aussi une énergie dont la source d’approvisionnement est sécurisée, puisque nos principaux fournisseurs sont des pays de l’OCDE comme l’Australie ou le Canada. Quant au gaz de schiste – si vous me permettez cette parenthèse –, ne serait-il pas raisonnable de faire au moins l’inventaire des ressources potentielles dont dispose le territoire national avant de décider ou non de l’exploiter ?

Réponse ? Michel Sordi, député UMP du Haut-Rhin

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