Clermont-Ferrand, ville accueillante
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Le 6 novembre 2020, Clermont-Ferrand adhérait à l’association nationale des Villes et Territoires Accueillants, une association de solidarité des collectivités engagées pour l’accueil des migrants. Cette adhésion doit nous permettre, au côté d’autres collectivités, d’améliorer nos dispositifs d’accueil et d’intégration de ces nouveaux arrivants qui sont le visage du Clermont-Ferrand d’aujourd’hui et de demain.

Pour le groupe écologiste, cette décision répond à la vision d’un monde qui forme un tout par-delà les frontières nationales, monde dont les parties se doivent d’être solidaires du fait d’un destin inextricablement partagé. C’était également une promesse de campagne; elle constitue un acte fort et signifiant. Et ce, pour trois raisons principales :

1/ C’est d’abord un véritable hommage à l’histoire et à l’identité de notre ville si l’on pense aux migrations successives qui en ont fait la substance : notre territoire s’inscrit dans cette tradition d’asile. Comme l’a rappelé l’exposition Clermontois venus d’ailleurs en 2018, qu’il s’agisse des réfugiés espagnols, des universitaires de l’université de Strasbourg, des travailleurs Espagnols, de Polonais, d’Algériens, de Yougoslaves, de Turcs ou Portugais venus travailler chez Michelin ou plus récemment des étudiants étrangers qui représentent 15 % des effectifs de l’Université Clermont Auvergne, notre ville est dans son histoire et dans son identité à l’image de l’Auvergnat de lae chanson.

2/ Cette adhésion est aussi une manière de rejet et de dénonciation de l’absurde auquel les politiques européenne et nationale nous confinent depuis des années sur la question des migrations puisqu’au nom d’un accueil prétendument « digne et humain » et qui ne l’est jamais, on réduit sans cesse les droits de ceux qui sont déjà là, pensant ainsi dissuader les suivants, nous laissant avec les associations en première ligne du devoir d’humanité. L’honnêteté nous conduit ici à rappeler que cette question des migrations était, est et restera une question prégnante pour nos sociétés avec 272 millions d’individus migrants en 2019 selon les Nations Unies, dont un tiers en Europe, mais qui ne représentent pour autant qu’environ 3% de la population mondiale. Si, depuis longtemps, la France s’est inscrite dans une tradition d’accueil en se donnant un cadre juridique et des moyens adaptés pour satisfaire à ses engagements, on peut regretter les renoncements successifs de l’Europe et de l’État français ces dernières années.

3/ C’est enfin un acte fort dans le contexte de pourrissement et d’hystérisation avancés du débat national sur les questions d’altérité et d’immigration : il est donc salutaire et nécessaire, autant que faire se peut, de rappeler par cette adhésion que la différence et que les migrations ne sont pas synonymes de danger, qu’elles sont au contraire au coeur de notre identité… Plus symboliquement encore, notre Ville ne pouvait pas ne pas être à la hauteur de la figure morale que fut et que reste, ici et en France, le chancelier Michel de l’Hospital, auteur notamment d’un mémorable et nécessaire « Discours sur la Tolérance ».