Sans projet la métropole n’est pas

Demain auront lieu les 3èmes assises métropolitaines Clermont Vichy Auvergne. Nous soutenons le principe d’une métropole Clermont Vichy Auvergne conçue pour enclencher et accélérer la transition écologique de nos territoires. Nous appelons à sortir de la métropole du slogan et à lancer concrètement la métropole des actes et des usages.

« On peut sauter sur sa chaise comme un cabri et crier la métro, la métro, la métro, mais cela ne rime, ni ne sert à rien », aurait dit le Général.

A la veille de ces assises métropolitaines, la métropole est sur toutes les lèvres d’Auvergne et du Bourbonnais. Mais bien malin celui qui dira de quoi il retourne, tant le consensus est mou, qu’à la fin il s’évide.

Pour Claude Malhuret, président du syndicat métropolitain, cela serait une question existentielle, « To be or not to be ». Soit, mais encore.

Oui, c’est une question existentielle, car face à la crise des ressources, la concurrence exacerbée des territoires et la montée des inégalités, la métropole doit être un puissant levier de la transition écologique sur les territoires courant de Brioude à Vichy.

Les élu(e)s écologistes de Clermont-Ferrand en soutiennent la perspective si elle répond à trois exigences majeures :

1- Lancer la transition vers l’économie de demain, sobre en énergies fossiles et intense en emplois, innovations, ressources et énergies locales : elle sera énergétique, numérique, alimentaire et solidaire. La métropole doit permettre un investissement conséquent destiné à faire émerger ce futur modèle économique, écologiquement et économiquement plus ‘rentable’ pour le territoire.

2- Fixer un impératif de justice et d’égalité : l’échelle métropolitaine doit être un outil de lutte contre les processus d’apartheid et de ghettoïsation à l’oeuvre entre quartiers, entre centres et périphéries, villes et campagnes, en jouant sur la complémentarité forte de nos territoires.

3- Créer une métropole humaine : se doter d’un outil permettant de reprendre en mains notre destin local et de nous donner les moyens de nos objectifs, c’est aussi redonner du sens à nos existences individuelles et collective. La puissance de l’outil métropolitain ne doit pas faire l’économie d’une réflexion de fond sur la démocratie, la participation et la proximité.

***

Mais si cela reste la perspective à terme, il faut accélérer le mouvement en posant, dès aujourd’hui, des actes concrets et symboliques. Or, depuis les dernières élections municipales, le projet métropolitain est en jachère, n’ayant en tout et pour tout accouché, sans en être porteur, que de la seule fusion entre deux clubs de basket locaux. Il est grand temps de poser des actes et d’ouvrir des débats :

  • La création d’un centre lyrique métropolitain, rapprochant l’Opéra de Vichy du centre d’art lyrique de Clermont-Ferrand serait un projet culturel à la hauteur des ambitions de la future métropole. Par ailleurs, un tel rapprochement esquisserait un éventuel portage métropolitain de la candidature de Clermont-Ferrand au titre de capitale européenne de la culture et lancerait une réflexion sur une stratégie culturelle métropolitaine.

  • Les mobilités seront au coeur de l’identité métropolitaine. Il est urgent de poser la question d’un réseau des mobilités durables à l’échelle métropolitaine afin de proposer une alternative au risque d’une métropole du tout-voiture. C’est une question économique, écologique, c’est une question majeure d’attractivité.

  • Centrée sur les plaines de Limagne, la future métropole ne peut pas ignorer le volet agricole et alimentaire de son développement. Son poids politique futur doit lui permettre de négocier sa propre politique alimentaire en partenariat avec les acteurs agricoles et agroalimentaires locaux.

Elle peut pour cela s’appuyer sur la thématique ‘Agriculture durable’ de la stratégie de spécialisation intelligente (S3) de l’ancienne région Auvergne (en vigueur jusqu’en 2020), comme sur son ambition de préservation des ressources naturelles du Val d’Allier.

  • Enfin, il convient d’ouvrir au plus vite le débat sur la gouvernance de la future métropole, tant il semble aujourd’hui qu’une gouvernance intercommunale pourrait être hasardeuse et peu efficace à une telle échelle. Une triple question se pose alors : celle de l’efficacité, de la légitimité et de la proximité.

Les défis métropolitains sont en effet nombreux, complexes et urgents. Mais là où se trouve une volonté, existe un chemin, dit-on souvent. A nous donc d’en ouvrir la trace au plus vite, en sortant des poncifs.

Les élu(e)s écologistes de Clermont-Ferrand et Clermont Communauté

Remonter