Economie sociale et solidaire : un pôle de coopération local à Nantes

Le pôle territorial de coopération économique des Ecossolies, soutenu par Nantes Métropole, inaugurera en janvier son premier lieu d’hébergement des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Une vitrine indispensable pour changer d’échelle.
Près de dix ans après sa création, l’association des Ecossolies vit un moment charnière de son histoire. Dans quelques mois, une trentaine d’entreprises membres pourront installer leurs quartiers à l’extrémité ouest de l’île de Nantes, dans des hangars réhabilités. “Rassembler les acteurs dans un même lieu, c’est faciliter, initier, provoquer la coopération”, résume le directeur de l’association, Marc Richard.
Les Ecossolies ont été créées à l’origine pour préparer la première grande manifestation de l’économie sociale et solidaire (ESS) impulsée par Nantes Métropole en 2006. Face au succès de l’événement, les élus décident de pérenniser le dispositif. Les Ecossolies ont alors pour objectif d’élaborer un plan d’action et de coordination territoriale de l’ESS. “À ce titre, nous sommes en lien avec les quartiers de Nantes, mais aussi avec les 24 communes de la métropole et le département”, explique Marc Richard.
Pour fédérer ces acteurs, il est décidé de créer un pôle territorial de coopération économique (PTCE) qui trouve son incarnation concrète sur une friche de l’île de Nantes, cédée par la métropole pour un bail de douze ans. Au milieu d’un paysage industriel en pleine reconversion cerné par la Loire, 9 000 m2 d’espaces dédiés à l’ESS seront inaugurés en janvier 2014. “Nous avons réhabilité deux anciennes halles de stockage avec le souci de conserver tout ce qui pouvait l’être”, décrit Damien Labrousse, coordinateur de l’association. Toilettes sèches, système de chauffage à bois centralisé, accès aux personnes à mobilité réduite : le projet se doit d’être responsable et durable…
Le temps de la réflexion
Mais le principal intérêt est ailleurs. “Ce bâtiment doit nous permettre de répondre aux 5 axes de notre projet politique pour l’ESS”, affirme Marc Richard. Aider au développement d’entreprises socialement responsables, grâce à “un espace pépinière et incubateur” où les porteurs de projets pourront notamment bénéficier d’études de faisabilité. Commercialiser les produits issus du réemploi, du recyclage ou de l’agriculture locale dans un magasin collectif. Alimenter la réflexion en organisant des ateliers, débats et conférences dans un espace événementiel de plus de 900 m2. Et enfin, rendre visible l’ESS et mettre en réseau la grande diversité de ses acteurs qui pourront s’installer dans les 2 000 m2 de bureaux, d’open spaces et de salles de réunion mises à leur disposition.
“Les entreprises et porteurs de projet pourront enfin disposer de services communs, d’une visibilité et pourront engager de nouveaux partenariats techniques et innovants pour le développement local”, se félicite Marc Richard. Et s’il a fallu du temps pour arriver à monter le projet, il assure que c’était “une période de réflexion et de mobilisation des acteurs indispensable pour que le pôle trouve sa cohérence”.
Raphaël Moreaux

– Source : Acteurpublic.com

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