Clermont : une plate-forme pour booster les économies d’énergie

Clermont Auvergne Métropole met en place, sous l’impulsion d’Odile Vignal, vice-présidente en charge de l’Habitat et du Développement Durable, une Plate-forme Territoriale de Rénovation Énergétique (PTRE).

Demande ancienne des écologistes, elle est un outil destiné à piloter et accélérer la transition énergétique du territoire en visant la rénovation thermique du parc de logements.

I- Une PTRE, pourquoi ? Pour trois raisons :

1- Sobriété énergétique

Sur le chemin de la transition énergétique dont nous avons besoin pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et passer progressivement à des énergies renouvelables, locales et plus propres, nous savons que la moitié de l’effort sera lié à la sobriété, c’est-à-dire à la réduction de nos consommations d’énergie. Or avec l’impact de l’habitat sur notre consommation d’énergie, la rénovation énergétique de nos bâtiments est incontournable et urgente.

Pour l’agglomération de Clermont-Ferrand, les données sont les suivantes :

Le parc résidentiel (résidences principales et résidences secondaires) de Clermont Auvergne Métropole se compose de 133.130 logements dont 110.595 logements privés (le reste relevant du parc de logements sociaux).

Il est constitué à plus de 98% de résidences principales représentant une surface de près de 9,9 millions de m2, dont 40% de maisons individuelles, très majoritairement en pierre, et de 60% d’appartements, dont près de la moitié ont été construits entre 1949 et 1974, ce qui en fait des bâtiments très énergivores.

La consommation énergétique finale totale du parc résidentiel de Clermont Auvergne Métropole atteignait en 2005 2.380 GWh, avec 2 sources principales d’énergie : le gaz de ville et l’électricité.

La consommation moyenne d’une résidence principale s’élève à 18.100 kWh par an, inférieure de 16% à la moyenne régionale (21.500 kWh)

[Source DREAL]

2- Lutter contre la précarité

La précarité énergétique représente un défi social de plus en plus important. Dans un contexte de raréfaction progressive des ressources énergétiques, il est évident que l’accès à l’énergie devient de plus en plus inégal. L’accès à la sobriété doit donc être garanti par la puissance publique en charge de ces politiques de lutte contre les inégalités.

3- Générer des ressources pour le territoire

Enfin, la sobriété énergétique représente un gisement d’économies d’énergie et d’économies tout court, réinvestissables sur les territoires, à commencer auprès des entrepreneurs et des artisans en bâtiment du territoire : les dépenses qui ne sont pas consacrées à l’énergie et aux énergies fossiles en particulier, peuvent être effectuées sur le territoire. Ce qui représente des leviers d’investissement considérables.

Pour toutes ces raisons, la puissance publique doit être en mesure de piloter, de garantir et d’accélérer la transition énergétique dans les territoires. C’est la raison d’être de cette PTRE.

II- Une PTRE, comment ça marche ?

Comme son nom l’indique, une PTRE est une plate-forme sur laquelle se retrouvent les parties prenantes de la rénovation thermique des logements sur le territoire, depuis les spécialistes du logement jusqu’aux banques en passant par les artisans et les collectivités.

A grands traits, il va s’agir de proposer un guichet unique de la rénovation thermique

ainsi que des procédures d’accompagnement, de suivi et d’aides à la rénovation en tant que telle.

Schéma –

 

 

 

 

 

 

 

 

III- Une PTRE, pour faire quoi ?

Les enjeux en termes de rénovation thermique des bâtiments sur l’agglomération clermontoise sont les suivants :

Pour les résidences principales hors habitat social sur l’agglomération clermontoise, le potentiel maximal de réduction de la consommation d’énergie primaire est de 64%. L’atteinte de l’objectif du Grenelle de l’environnement, à savoir une réduction de 38% de la consommation énergétique, représente un investissement en travaux de l’ordre de 1,2 milliard d’euros, soit plus de 80 millions d’euros par an sur 15 ans.

En dressant le bilan des investissements nécessaires aux travaux et des économies de charges (énergétiques), soit le coût global, le surcoût annuel serait de 31 millions d’euros par rapport au rythme actuel des rénovations, qui représente peu d’investissements et beaucoup de charges.

Afin d’éviter une perte de pouvoir d’achat pour les occupants tout en atteignant ces objectifs ambitieux, le montant de l’aide publique nécessaire est estimé à 37 millions d’euros annuels, soit environ 46% du montant des travaux, avec des actions prioritaires telles que l’isolation des façades et la régulation de la gestion de l’énergie.

La plate-forme de rénovation énergétique aujourd’hui initiée se place dans cette perspective. Mais avant de se lancer dans de tels investissements, la démarche projette une expérimentation triennale portant sur 1 à 2 % du gisement global et dotée d’environ 150 000 euros annuels : elle devra déboucher sur un dispositif efficace, appelée à monter en puissance une fois l’expérience acquise et les procédures consolidées, à l’horizon 2020.

D’ici là, il faudra également avoir réfléchi à la meilleure façon d’accélérer le mouvement en fléchant les investissements publics et privés sur ce gisement de travaux via, par exemple, la création d’un fonds de garantie bancaire avec les banques partenaires

la mise en œuvre d’une technique de tiers financement

la création d’un fonds public d’investissement pour la rénovation énergétique, etc.

Par ailleurs, il est bien évident que l’accélération d’un tel programme dépendra fortement des inflexions données nationalement sur la question de la rénovation du parc de logements.

La PTRE s’adresse essentiellement aux propriétaires, les locataires faisant l’objet d’autres dispositifs dont le Programme d’Intérêt Général de la Communauté urbaine sur la précarité énergétique, comprenant notamment le dispositif Duflot de responsabilisation des bailleurs par la possibilité d’interrompre le versement des APL aux propriétaires.

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