Clermont : l’abeille, ambassadrice de la nature en ville

Après les 6e Assises nationales de la biodiversité en septembre, Clermont-Ferrand accueille le 21è Congrès de l’apiculture française du 27 au 30 octobre. Alors que la Ville s’apprête à voter (le 4 novembre prochain) un nouveau Plan Local d’Urbanisme qui fera la part belle au retour de la nature en ville, cette série de rencontres et d’événements clermontois nous rappelle que la capitale auvergnate peut et doit aussi devenir une capitale de la nature.

A Clermont-Ferrand, l’abeille est un acteur municipal à part entière et ce depuis 2010 où, sous l’impulsion d’Odile Vignal, alors adjointe EELV à l’écologie urbaine, six ruches ont été implantées ans le cadre du partenariat « L’Abeille, sentinelle de l’environnement » (signé avec l’UNAF, Union Nationale de l’Apiculture française). Depuis, les quantités de miel produit n’ont cessé de croître.

Dans un secteur où la consommation française est de 40 000 tonnes par an contre une production en baisse régulière – 16 000 tonnes contre 25 000 en 2004 !!! -, l’abeille des villes contribue à sa manière à la relocalisation de la production, travaille à la construction de circuits courts ainsi qu’à l’amélioration de la balance commerciale française…

Mais la valeur ajoutée des ruches clermontoises n’est pas strictement productive. Elle est aussi environnementale et pédagogique. Ouvrières de la symbiose entre la ville et le vivant, les abeilles requièrent une haute qualité environnementale de l’espace urbain ; la prospérité des ruches est ainsi un excellent indicateur (de richesse) de la présence et du traitement des pollutions en ville. Elles exigent également un niveau élevé de biodiversité et de diversité florale.

Aussi passer un contrat avec les abeilles via un programme tel que « L’abeille, sentinelle de l’environnement », c’est engager sa ville sur la voie d’un pacte avec le vivant.

Partenariat qu’il nous faut aujourd’hui développer tous azimuts avec le vivant sur Clermont-Ferrand, dans un souci de maintien et d’amélioration du cadre et de la qualité de vie, dans une optique à la fois de santé publique, d’attractivité et de développement économique du territoire.

L’apithérapie, par exemple, qui sera présentée lors de ce Congrès de l’apiculture française regroupe de la recherche de pointe ainsi qu’une approche à la fois naturelle, préventive et globale de la santé. Approche à côté de laquelle un territoire tel que le nôtre, cerné d’espaces naturels très identifiés et d’un patrimoine et savoir-faire thermal ancien, ne devrait pas passer.

La nature en ville, ce ne sont pas que des espaces verts, c’est aussi un partenariat nouveau et global entre l’urbain et le vivant, un levier de développement fort s’il est compris et anticipé rapidement.

Nous proposions récemment que Clermont-Ferrand devienne, en plus d’une capitale européenne de la culture, une capitale européenne de la nature : c’est un enjeu sanitaire et identitaire fort pour notre ville. C’est aussi un enjeu culturel et un possible atout pour l’attractivité et le développement de la future métropole.

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